Thursday, 12 April 2012

Invitation à participer à Appel d’Air !!

En 2007, un groupe d’écrivains des « littératures de l’imaginaire » (SF, Fantasy, etc.) lançait « l’Appel d’air des mauvais genres contre la narcose Sarkozy », grâce à l’appui des éditions ActuSF, qui ont mis à disposition un site, puis ont édité un livret. Le projet se relance pour la présidentielle 2012, ces auteurs sont à nouveau à la tâche. Pour eux, l'enjeu est moins Nicolas Sarkozy en tant que personne et figure de détestation, en vue d’un petit cinéma compensateur imaginaire, que ce dont il est le nom, pour parler comme Badiou, à savoir une forme du postpétainisme français et des méthodes modernes de narcose médiatique. Il s’agit donc moins d’un appel d'air contre Sarkozy en tant qu'homme politique qu'un appel d'air pour réouvrir le langage à de nouveaux mondes vivables et respirables ensemble, un appel d'air pour sortir des droites douces et extrêmes, pour, ce langage, se le réapproprier. Pourquoi des poètes, des dizaines de poètes, ne se joindraient pas à eux ?

Pourquoi parler du président sortant, de l’autoproclamé « candidat du peuple », et surtout pourquoi le faire de notre point de vue de poètes ? Faut il ressortir nos soldats de papier (Klemperer) faut il reprendre le parti pris des choses (Ponge), mais aussi des mots et de la mémoire ?

Repartons du langage. Dans cette matière, Nicolas Sarkozy, c’est le plus professionnel, le meilleur, un virtuose des mots, des poses, des expressions. Mais c’est aussi un manipulateur, un brouilleur de repères, un enfumeur. Le langage instrumenté, extrudé des tuyauteries du volontarisme ça ne vous rappelle rien ? Nous qui trouvons de la joie, de l’énergie dans les mots, qui travaillons pour nous rapprocher de l’état natif du langage, nous savons qu’une langue fait lien, de toutes ses dimensions. Notre langue est le Bien Commun par excellence, « tout ce que nous avons ». Laisserons-nous Sarkozy – et d’autres moins efficacement que lui, mais à son exemple – mettre son drapeau sur ce bien irremplaçable, le pervertir, corrompre ?

Zapping, amnésie (pourtant, la réalité, pendant cinq ans, a dépassé l’affliction !), sidération, la discussion rendue impossible par le tout et son contraire, les conditions mêmes de l’échange d’idées, d’émotions, de la controverse et du consensus sont sapées… ne réagirons nous pas ? En 2009, à l’appel d’Edith Azam1, cent textes avaient été écrits en solidarité avec les sans papiers, nous savons donc le faire ! … et le mauvais genre par excellence, le dhimmi des genres au pays du bling bling, c’est bien la poésie ? La princesse de Clèves cache la forêt…

Il est proposé à qui voudra d’envoyer un texte (court récit, poème, chronique, etc..) pour parler de tout ce dont il est bon de parler en ces tristes temps. A nous aussi donc de dire, « dichten », sur la vie en société aujourd’hui, sur le lien social, sur l’avenir, sur le mal vivre aujourd’hui ou demain, sur le bien vivre, de « l’indignation », etc..
Envoyez votre texte à Jérôme Vincent, le responsable du projet à ACTUSF.


Jerome.p.vincent@wanadoo.fr

Et faites suivre cet appel à qui vous voudrez ! et pas seulement des poètes…

1 Edith Azam, Bernard Noel et Julien Blaine, viennent de lancer le manifeste « BAN », qui veut, comme Appel d’air, proposer l’esprit de résistance et un lieu d’expression ouvert. Les deux appels sont convergents, bien sûr. Pour info, contacter Edith edithazam@gmail.com

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